dimanche 4 octobre 2009

Ah! Les tables!

Les élèves ne connaissent plus leurs tables, enfin, moins qu’avant ! Chaque année, l’équivalent de ce qui précède nous est affirmé au moins une dizaine de fois. Est-ce justifié?

Un des problèmes en évaluation des apprentissages est qu’il n’existe pratiquement aucune norme, aucune échelle validée, qui permette de comparer de façon objective les résultats des élèves actuels à ceux du passé.

Cependant, en ce qui concerne les tables, la situation est différente. Dans les années cinquante, une des personnes les plus compétentes de son époque en enseignement des mathématiques, Gérard Beaudry, avait établi certaines normes lesquelles étaient toujours valables vingt ans plus tard. À huit ans, un élève devait réussir en huit minutes et par écrit au moins 90 des 100 combinaisons d’addition ou de soustraction. À 9 ans, un élève devait faire aussi bien mais en sept minutes seulement.

Et ainsi de suite, jusqu’à 11 ans où au moins 90 combinaisons d’addition ou de soustraction devaient être réussies en cinq minutes. En ce qui concerne la multiplication, le barème était le même, mais en commençant à 9 ans. Donc 90 des 100 combinaisons réussies en huit minutes et ainsi de suite.

En division, puisqu’on ne peut diviser pas zéro, il n’y a que 90 combinaisons. L’élève de 9 ans devait en réussir 80 en huit minutes; celui de 10 ans, 80 en sept minutes et ainsi de suite jusqu’à 80 en cinq minutes à 12 ans.

Cette norme est toujours utilisée et montre qu’il n’y a pas eu de baisse de performances en ce domaine. Le problème, c’est que souvent, lorsqu’on observe les performances des élèves, on les compare à des standards arbitraires, à des perceptions ou encore à des performances d’adultes.

Bref, en quarante-deux années d’enseignement il ne nous a pas été possible d’observer de diminution significative relativement à la maîtrise des tables.

Robert Lyons

1 commentaire:

Edith a dit…

Nous avons travaillé avec la méthode « Les Mathématiques à la Maison » avec notre aîné, puis un peu - mais moins - avec son cadet car l'intérêt n'y est pas. Nous vous partageons ici l'une de nos observations. Nous croyons et vivons avec le mode de vie le plus naturel possible, donc apprentissage libre, auto-géré et informel. Nous n'avons pas pratiqué les tables et nos enfants ne l'ont pas fait, en tout cas, pas de façon évidente. Ils se sont servis des maths lorsqu'ils en ont eu envie, en général par besoin de compréhension de quelque chose qui se passait dans leur vie. (par exemple: pour calculer le nombre d'années qu'a vécu quelqu'un, sur une ligne du temps historique) Nous n'avons aucun besoin de les évaluer sur quelque savoir que ce soit puisque nous les connaissons et vivons avec eux à temps plein. Nous ne savons pas en combien de minutes ils pourraient réussir 90 % d'additions, de soustractions ou de multiplications. Nous ne le savons pas pour nous non plus. Et, sincèrement, à moins d'évaluer pour évaluer (juger une quantité, comparer, quantifier), nous n'en voyons pas vraiment l'importance qui semble immense dans les écoles du Québec. Comme le dit Mary Griffith dans The Unchooling Handbook, à la page 98:
« If we let ourselves begin to look at it all, it’s hard to avoid seeing math everywhere. And almost anything we do involves math in one way or another. »

Nous ne pouvons passer à côté des mathématiques donc nous ne croyons pas devoir en faire des tests et des évaluations, pour les tables comme pour tout le reste.

Une famille qui apprend dans la vie et dans la joie